Lorsque la porte s’ouvre doucement, révélant Rebecca et Bill derrière, un silence lourd s’installe. Leur présence, brusquement dévoilée, change radicalement l’atmosphère. Rebecca, serre ses mains comme pour se rassurer, incapable de soutenir le regard des autres. Bill, le visage tendu mais contrôlé, affiche une sorte de résilience fragile, comme s’il voulait maintenir une position de force mais dont la nervosité transparaît.
Angelo, le regard dur, ne bouge pas immédiatement. La tension se cristallise, chacun ressentant la vulnérabilité de l’autre. Mayer, en face, respire profondément, tentant de garder une façade neutre, tout en analysant la scène d’un œil clinique.
Un moment de silence, chargé d’émotions refoulées.
Puis, Bill, brisant cette impasse, parle d’une voix calme mais empreinte de gravité :
Bill : Nous vous avons entendus. Tout ce qui a été dit…
À l’intérieur de Rebecca, une tempête d’émotions se déchaîne : la confusion, la culpabilité, la peur d’être incomprise ou rejetée. Elle se sent comme un puzzle dont chaque pièce a été sabotée, chaque souvenir mis en doute. La révélation de ses paroles sur sa propre identité, ses traits inquiétants, la pousse à remettre en question sa propre réalité. Son cerveau tourne en boucle : était-elle vraiment cette personne ? Ou était-ce une projection, une fabrication de son inconscient ?
De son côté, Bill ressent cette agitation intérieure de Rebecca comme une crise existentielle. Son regard s’adoucit, mais il reste vigilant, conscient que cette révélation peut déclencher un processus de déconstruction psychologique. Il sait que la mémoire, l’identité, la perception de soi sont fragiles, surtout lorsqu’elles sont soumises à des vérités aussi déstabilisantes.
Angelo, lui aussi, affiche une tension intérieure. La révélation de tout ce qu'il a dit, de ses propres perceptions, le met face à ses propres contradictions. Il a exprimé la vérité selon lui, mais il sent aussi qu’il pourrait être confronté à des jugements, voire à une incompréhension totale. Son sarcasme apparent masque une inquiétude profonde : il craint qu’on le voit comme quelqu’un de dur ou de froid.
La psychologie de chacun s’entrelace dans cette pièce.
Mayer, observant cette scène, réfléchit à la fragilité de l’identité humaine, surtout dans un contexte où la mémoire peut être altérée ou manipulée. Il se demande si Rebecca a réellement conscience de ce qu’elle cache, de ses propres mécanismes de défense ou de dissociation. L’écoute attentive de la respiration de Rebecca, de ses gestes nerveux, lui confirme que cette jeune femme vit un conflit intérieur intense.
Il sait que tout ce qui a été dit peut déclencher une crise de confiance, une crise d’identité, ou même une réaction de rejet. La peur d’être rejetée ou considérée comme « différente » peut engendrer un repli sur soi, une rupture avec la réalité ou une dissonance cognitive profonde.
Rebecca, dans cette scène, vit cette crise d’identité en direct. Son cerveau tente de fusionner ou de dissocier ses souvenirs, ses perceptions, pour trouver un semblant de stabilité. La peur qu’elle ressent est presque palpable, comme une tempête intérieure : s’accrocher à ce qu’elle connaît ou tout laisser partir et repartir à zéro ?
Mayer (d’un ton calme, sincère) : Rebecca, je comprends que tout cela soit difficile à entendre. Mais j’aimerais que nous ayons une conversation en privé, dans mon bureau. Juste vous et moi.
Rebecca (froidement, en se dégageant légèrement) : Je n’ai pas envie. Je préfère rester ici.
Mayer (avec douceur mais fermeté) : Je comprends que vous soyez distante. Mais cette situation est très lourde, et il est important que vous puissiez vous exprimez. Juste quelques minutes.
Rebecca (d’un ton sec, presque glacé) : Je ne veux pas parler.
Mayer (insistant, mais avec patience) : Je respecte votre ressenti. Après, vous pourrez rejoindre M. Kaulitz. Ce n’est qu’un court échange pour vous aidez à mieux comprendre ce que vous ressentez.
Rebecca (regard dur, se raidissant) : Je n’ai pas besoin d’aide. Je veux qu’on me laisse tranquille.
Un court silence. Elle reste immobile, le regard distant, le corps tendu. Mayer, conscient de son refus, conserve son calme, lui laissant un dernier espace.
Mayer (d’un ton doux mais ferme) : Très bien. Je respecte votre choix. Mais si vous changez d’avis, je serai là.
Elle le regarde un instant, puis, après une profonde respiration, elle baisse doucement la tête. D’un ton presque inaudible mais déterminé, elle finit par répondre :
Rebecca : D’accord. Juste quelques minutes.
Mayer lui adresse un sourire rassurant, elle accepte la proposition.
Pendant ce temps, Bill, ayant entendu la conversation, retourne dans la salle commune, retrouvant les autres patients, leur offrant un regard apaisant.
De son côté, Angelo, ayant compris que la discussion allait continuer, se tourne sans bruit et quitte la pièce, laissant Mayer seul avec Rebecca.
L'Appel de la Mémoire
Rebecca est assise sur un fauteuil. L'atmosphère est à la fois tendue et empreinte de compassion....
Rebecca regarde son psychiatre avec des yeux pleins d'angoisse
Rebecca : Docteur, j'aimerais avoir mon portable. Peut-être que ça m'aiderait à me souvenir, à comprendre qui j'étais avant tout ça, savoir, si cet individu dit vrai en ce qui me concerne.
Mayer prend une inspiration profonde, essayant de rester calme.
Mayer : Je comprends. Mais, comme vous le savez, les règles de l'établissement interdisent aux patients d'avoir des téléphones portables. Cela pourrait être trop stimulant pour votre rétablissement.
Rebecca (fronce les sourcils, visiblement frustrée) : Mais c'est justement ce dont j'ai besoin ! Comment puis-je avancer si je ne sais même plus ce que j'ai vécu ?
Mayer : Je sais que cela semble injuste, mais parfois, se concentrer sur le présent et sur votre rétablissement est plus bénéfique que de fouiller dans le passé. Ces souvenirs peuvent être très douloureux.
Rebecca : Vous ne comprenez pas... J'étais peut-être heureuse, j'avais des rêves. Je veux juste savoir si cette jeune femme que j'étais avait des raisons d'être la personne que je suis aujourd'hui.
Mayer adopte un ton plus doux, se penchant légèrement en avant.
Mayer : Rebecca, je suis là pour vous aider à reconstruire cette image. Chaque petit pas que vous faites ici, chaque moment de lucidité, vous rapproche de cette jeune femme. Nous pouvons travailler ensemble pour explorer ces souvenirs, mais cela doit se faire étape par étape.
Rebecca (hésitante, mais déterminée) : Je... je comprends. Mais cela me semble si long. Que faire si je ne me rappelle jamais ? Si je ne peux jamais comprendre ce qui m'a conduite ici ?
Mayer : La mémoire peut être capricieuse, mais elle a aussi sa manière de se révéler. Ce n’est pas le fait de se souvenir d’un événement qui vous définit, mais la façon dont vous choisissez d’avancer. Vous êtes ici pour une raison, et c'est déjà un premier pas vers la guérison.
Rebecca : Vous êtes très optimiste et très patient docteur. Peut-être que j'ai besoin de ça. Je vais essayer de me concentrer sur le présent, même si c'est difficile.
Mayer : C'est tout à fait normal. Ensemble, nous allons travailler sur ça. Je serai ici à chaque étape. Prenons le temps qu'il faut.
Rebecca sentit son souffle se faire plus court, son regard plongé dans celui de Mayer, comme si elle pouvait y déceler une faiblesse, un frisson qu’elle pourrait exploiter. Son esprit oscillait entre la frustration et une envie plus profonde, plus intime, de briser cette distance qu’il voulait maintenir. Elle savait qu’elle jouait avec le feu, mais l’urgence de connaître son passé la consumait.
Rebecca d’une voix douce, presque chuchotée, emplie de désespoir.
Rebecca : Mayer, je t’en supplie… Juste un instant, je suis prête à tout. Mon portable… il pourrait m’aider à retrouver des morceaux de moi-même, à recoller les bris de mon passé…
Elle sentit ses mots s’éteindre dans un souffle, comme si elle livrait une partie d’elle qu’elle ne comprenait pas encore totalement. Son regard s’attarda sur lui, cherchant une faille, une ouverture qu’elle pourrait exploiter.
Mayer, d’une voix ferme, mais teintée d’une douceur maîtrisée.
Mayer : Rebecca, tu sais que ce n’est pas possible.
Elle sentit ses mots comme une barrière, mais sa main trembla légèrement, comme si elle voulait s’agripper à ce qui pouvait la rapprocher de lui. La tension dans l’air était palpable, électrisante. Elle voulait qu’il la regarde autrement, qu’il ne la voit plus comme une patiente, qu’il devine ce qui se cachait derrière cette façade de contrôle.
Rebecca (ses yeux brillant d’une lueur de défi, plus intime) : Pourquoi… pourquoi est-ce si difficile ? Ne vois-tu pas que je suis à bout ? Que chaque seconde passée sans savoir… me pousse un peu plus vers l’inconnu, vers cette vérité que je sens en moi, prête à éclater ?
Elle se pencha légèrement, comme pour le séduire, pour lui faire sentir cette tension qui montait en elle, cette envie de se dévoiler tout en restant distante, contrôlant ses émotions, mais laissant entrevoir une part de vulnérabilité qu’elle ne voulait pas exprimer trop clairement.
Mayer la regardant intensément, avec cette autorité douce mais inébranlable.
Mayer : C’est justement cette vulnérabilité qui pourrait te faire du mal. Je te protège de toi-même. Certaines portes doivent rester fermées, pour ton propre bien.
Elle sentit une chaleur monter en elle, une réaction qu’elle ne voulait pas tout à fait contrôler. Elle voulait qu’il comprenne qu’elle était prête à tout pour toucher du doigt cette vérité enfouie, même si cela signifiait flirter avec ses propres limites, explorer cette frontière fragile entre désir et danger.
Rebecca (d’un murmure presque sexy, chargée d’émotion) : Tu sais… je ne suis pas si fragile. Je suis prête à affronter tout ce que tu refuses de m’offrir. Peut-être même… à te faire comprendre que je ne suis pas qu’une patiente dont tu as effleuré les lèvres, hier
Il lui fait signe de ce taire.
Elle sentit ses mots résonner dans l’espace silencieux entre eux, comme un défi, une invitation à dépasser les règles, à s’abandonner à cette tension qui devenait presque charnelle. Son regard s’attarda sur lui, espérant qu’il percevrait cette étincelle, cette envie de se laisser aller, de briser la barrière.
Mayer (d’un souffle contrôlé, presque un murmure) : Tu veux la vérité, Rebecca… mais une vérité qui pourrait tout changer. Es-tu prête à en assumer les conséquences ?
Elle le fixa, un sourire énigmatique jouant sur ses lèvres, comme si elle savait déjà ce qu’elle voulait, prête à tout pour connaître cette partie d’elle-même qui la hantait. Son regard devint plus intense, plus audacieux, prête à franchir cette ligne invisible entre le secret et la dévoilement.
Avec une douceur sensuelle, emplie d’une détermination secrète...
Rebecca : Peut-être… mais tout ce que je veux, c’est que tu m’aides à découvrir qui je suis vraiment...tu en sais tellement plus sur moi, que moi-même, que je ne trouve pas cela
très équitable, tu te permets de convoquer mes proches alors que je ne suis même pas présente....
Elle s’approcha légèrement, comme pour le toucher du regard, en laissant entrevoir cette envie qu’elle n’osait encore exprimer tout haut, mais qu’elle laissait volontairement planer, chargée d’un désir latent et d’un besoin d’abandon.
Rebecca (ensevelie dans un souffle, presque murmuré) : Je ne suis pas à la hauteur de tout ça… je suis perdue. Et tout ce que je cherche, c’est un peu de lumière dans cette obscurité.
Elle se permit une pause, laissant ses mots flotter, tout en laissant glisser ses doigts le long de la table et de ses vêtements, comme pour accentuer cette invitation au silence, à la vulnérabilité. Elle voulait qu’il comprenne qu’elle était prête à tout abandonner, à tout dévoiler, pour une chance de se retrouver.
Rebecca (avec un sourire énigmatique, plus sensuel) : Peut-être que tu devrais m’aider, alors… à comprendre ce qui se cache derrière tout ça. À me guider, parce que, après tout, tu en sais tellement plus que moi.
Elle se rapprocha encore, un frisson invisible traversant sa voix, comme si elle jouait avec le feu, avec ce qu’elle ne pouvait encore tout à fait maîtriser. Son regard était chargé de promesses non dites, d’un désir de fusion, de partage, d’une exploration bien au-delà des mots.
Rebecca (d’une voix fluide, presque inaudible) : Je suis prête à tout… pour sentir que je peux enfin m’abandonner à quelqu’un qui se soucie vraiment de moi.
Elle sentit son cœur battre plus vite, sa respiration se faire plus profonde, comme si elle voulait que cette proximité devienne une sorte d’intimité fragile, prête à craquer, à se transformer en quelque chose de plus fort — ou de plus dangereux. La tension entre eux était devenue presque tangible, chargée d’un désir silencieux, d’un appel à franchir cette limite qu’ils avaient jusque-là un peu respectée.
Mayer, conscient du souffle chaud qui émanait d’elle, prit une profonde inspiration, le regard posé avec calme et assurance. Il sentit l’émotion derrière ses yeux, cette vulnérabilité dont elle voulait jouer, mais il choisit de répondre avec une retenue raffinée, maîtrisant ses propres sensations pour ne pas se laisser emporter.
Mayer (d’une voix douce, posée, empreinte de respect) : Rebecca, je comprends ta détresse. Je vois la lutte derrière ton regard, cette envie de tout comprendre. Mais il y a des limites, des frontières qui doivent être respectées, non pas par dureté, mais parce que c’est ainsi que nous protégeons ce qui reste de toi, de nous.
Il fit une pause, laissant ses mots s’imprégner, comme une caresse subtile dans l’atmosphère électrique. Son ton, calme et profond, contrastait avec la tempête silencieuse qui grondait dans ses propres émotions, une hypersensibilité qu’il savait contenir avec une discipline rare.
Mayer après un silence, d’un ton plus ferme mais toujours élégant.
Mayer : Je ne suis pas insensible à ce que tu ressens, Rebecca. Je ressens cette intensité, cette urgence qui te pousse à vouloir tout comprendre, tout ressentir. Mais il faut faire preuve de patience. La confiance, la véritable compréhension, ne se construisent pas dans l’immédiat… elles nécessitent du temps, de la douceur, du respect mutuel.
Il s’approcha légèrement, mais avec élégance, comme pour lui faire sentir qu’il n’était pas là pour la repousser, mais pour la guider avec tact. Son regard, empreint d’une profonde empathie, chercha le sien avec une intensité maîtrisée, une invitation à la confiance.
Mayer (d’une voix apaisante) : Je suis là pour t’aider. Mais pas en brisant ce qui doit rester secret. La patience est une forme d’amour, tout comme la compréhension. Donne-moi une chance de faire cela à ma manière.
Il se permit une légère pause, un léger sourire en coin, comme pour lui rappeler qu’il respectait sa vulnérabilité tout en maintenant une distance respectueuse.
Mayer (d’un ton plus doux encore) : Tu peux compter sur moi, mais il faut que tu comprennes… que certaines vérités doivent être révélées au moment opportun, pour ne pas tout faire voler en éclats. La patience, c’est aussi un acte d’amour.
Il lui tendit la main, non pas pour la toucher, mais comme un geste de confiance et d’apaisement. Son regard, empreint de sensibilité et de maîtrise, laissa entendre qu’il était là pour elle, même dans ses tourments, sans jamais se laisser submerger par ses propres émotions.